Les Chutes Waber, au coeur du parc national de la Mauricie, ne se découvrent pas par hasard. On ne s'y rend pas simplement en voiture pour marcher quelques minutes. Il faut d'abord pagayer pendant près d'une heure et demie en kayak ou en canot, puis marcher autant en forêt avant d'entendre, au loin, le grondement de l'eau qui annonce leur présence.

C'était aussi la deuxième journée où j'utilisais cette caméra spécialement achetée pour capturer le temps qui passe, le mouvement naturel de l'eau, et l'atmosphère unique des grands espaces du Québec.

C'est grâce à mon amie Andréa que j'ai découvert l'existence des Chutes Waber. Passionnée de randonnée, elle y était allée avec sa famille l'année précédente et m'en avait parlé. C'est aussi elle qui m'a initié à la raquette et conseillé au fil du temps pour l'équipement et le camping. Quand j'en ai parlé à Sammy et Ian, avec qui j'ai finalement fait l'expédition, l'idée s'est rapidement transformée en projet concret.

Trouver une date commune, espérer une météo clémente, organiser le matériel… tout devait s'aligner. Quand on est enfin arrivés devant les chutes, aucune photo ni vidéo ne pouvait vraiment rendre justice à leur immensité. Elles sont beaucoup plus impressionnantes qu'on peut l'imaginer. Sur certaines images, on distingue à peine un point rouge sur le sentier : c'est une personne, minuscule devant la puissance du décor.

J'ai installé ma caméra sur un rocher pour enregistrer environ une heure de vidéo. Mais l'endroit est tellement bondé de randonneurs, et nous aussi, se sont baignés dans les chutes. Certains ne voyaient pas la caméra et restaient immobiles devant l'objectif. Résultat : un travail de montage colossal. Environ 20 heures de montage, et plus de 200 heures d'encodage pour atteindre la qualité que je souhaitais. Mon ordinateur a tourné jour et nuit, mais je voulais que l'image soit à la hauteur du lieu.

La vidéo n'est donc pas entièrement « brute » : certaines zones ont été ajustées afin de préserver la vie privée des personnes présentes. Seule une partie du cadre est restée totalement intacte. C'était un compromis nécessaire entre l'authenticité du moment et le respect de ceux qui partageaient ce lieu magique avec nous.

C'était aussi mon tout premier montage pour la chaine, ma première recherche de musique réellement libre de droits, mes premières erreurs, mes premières réussites. Avec le recul, ce n'est pas parfait, mais c'est exactement ce que je voulais pour lancer ce projet : une immersion lente, vraie, dans un lieu qui mérite qu'on prenne le temps de le regarder.

Cette vidéo marque le début de Pause Nature. Un premier pas, une première respiration, et le point de départ d'une série de moments capturés pour ceux qui ont besoin de s'arrêter un peu… et de simplement contempler.